The Western Wynde – John Taverner – Andrew Parrott

Si la « messe parodie », construite sur des mélodies profanes est un exercice assez courant sur le continent (Lassus, Desprez, Palestrina…) c’est une pratique quasi inexistante dans l’Angleterre dès la Renaissance.  D’où l’intérêt de cette messe à 4 voix de John Taverner (v 1490-1545), la toute première.

On retrouve la mélodie de la chanson « Western Wynde » citée pas moins de 9 fois dans le cours de la messe. Le jeu du mélomane consiste à en traquer l’apparition au fil des pièces et ainsi de s’imprégner de la grande unité de l’ensemble. Petite particularité des messes de Taverner, elles ne comportent pas de Kyrie polyphonique. Andrew Parrot, avec son Taverner choir and players a choisi d’en insérer un en plain-chant. Ce n’était pas indispensable mais souligne la luxuriance de la polyphonie.
L’intérêt de l’enregistrement tient également dans l’adjonction de pièces composées pour la cour d’Henry VIII par Cornish, Aston et le souverain lui-même. Une succession de plages très diverses aussi bien dans le ton que dans l’inspiration.

Au fait que raconte la chanson Western Wynde ?

« Vent d'ouest, souffle quand tu voudras !
La pluie peut bien tomber en fines gouttes.
Ciel ! si seulement mon amour était dans mes bras,
Et si j'étais à nouveau étendu sur ma couche ! »

Sans doute pas adapté à une célébration religieuse (les messes-parodie furent en principe bannies par le Concile de Trente mais perdurèrent pendant des années) mais mélodiquement très frais.

Western Wind. Messe par John Taverner & œuvres pour la cour d’Henry VIII. Paru le 25 Mars 2016 sur le label Avie Records.

F. CAMPER

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