La musique plaisir – Bach se déguste aussi autour d’un bon café

Extraits à gauche de drinkingcup.net (The Story of Coffee House Part 2), à droite du Centre de Musique de Chambre (Bach and Breakfast). Liens à la fin de l’article.

La musique est un art savant, certes, mais aussi un divertissement et elle sait s’amuser et faire rire et sourire. Qu’elle évoque grivoiseries, plaisirs de boire, ou addictions caféinées, elle témoigne de son époque, et porte le plaisir comme adjectif.

Certaines chansons de la Renaissance  jouent plus sur le contrepet qu’elles ne magnifient l’art du contrepoint ! Ecoutez « A Paris su’l petit pont » de Pierre Guédron avec son refrain coquin « Le Pont du coil, le coil du Pont » ! (Ensemble  La Maurache dirigé par Julien Skowron – Arion)

Les musiciens baroques sauront aussi se détendre en jouant sur les mots et les situations. Dans ce concert un peu en marge des grandes œuvres, le vin n’a pas manqué de titiller le talent des plus grands compositeurs comme des petits maîtres. Les « Airs à boire » de Philippe Courbois (actif entre 1705 et 1730) sont à peine plus délicats dans l’expression musicale que dans le support poétique, mais ils ont un charme inattendu et décalé au début du XVIIIe siècle. (Ensemble Almasis, dirigé par Iakovos Pappas – Arion)

Mais finalement, dans le registre humoristique et théâtral, il est de vrais chefs-d’œuvre. Le grand Jean-Sébastien Bach témoigne de l’engouement que le café connaît en Europe au cours du XVIIIème siècle avec sa Cantate BWV 211 dite « Cantate du Café » qui raille (seulement un peu !) la véritable addiction de ses contemporains pour le petit noir. La musique est pétillante et dans un style inhabituel chez le Cantor et la cantate dut avoir beaucoup de succès lorsqu’elle fut jouée pour la première fois au  Café Zimmerman de Leipzig, lieu de rencontre des zélateurs du café.

Et les paroles du poème de Picander, traité comme un petit opéra, pourraient être servis de leitmotiv à chaque  extraction ou infusion de café.

Ah ! comme le café a bon goût !
Plus agréable que mille baisers,
Plus doux qu’un vin de muscat.
Un café, je dois avoir avoir un café,
Et si quelqu’un veut me faire plaisir, 
Ah ! qu’il me donne juste un café !

(Air de Liesgen au début de la cantate)

A déguster avec Ton Koopman, l’orchestre baroque d’Amsterdam, Anne Grimm (soprano), Paul Agnew (ténor) et Klauss Maertens (basse).  1CD Antoine Marchand (Challenge classics) CC72280. Enregistré en 2007.

La Cantate du Café est une œuvre de concert, mais elle est souvent « mise en scène » comme ici avec Ton Koopman :

François Camper

Ressources complémentaires :

Jean Sebastien Bach, La Cantate du Café : une géographie du café sur Geographica.net

Story of Coffee House. Histoire des maisons de café au XVIIIème siècle en Angleterre

L’espiéglerie se prolonge avec cette affiche du Centre de Musique de Chambre de Paris pour leurs Dimanches « Bach and BreakFast ».

 

 

 

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