8 janvier 2018 Noël baroque - La fête en musique - Épisode 3

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La fête du Baptême du Seigneur clôturant la liturgie de la Nativité, profitons de cette première journée Ordinaire pour mettre en suspens cette série dédiée aux Noëls Baroques.

Troisième étape : Espagne et Angleterre

Espagne

A écouter les compositeurs espagnols après les Italiens, on sent beaucoup de retenue. Il faut traquer les villancicos de Noël qui s’appuient sur la poésie la plus pure mais aussi sur les traditions populaires pour entrer dans la fête.

Les compositeurs étaient déchargés de toute activité pendant un mois pour offrir des œuvres nouvelles à chaque Noël. On les retrouve dispersées dans les différents cancioneros et malheureusement rarement regroupées dans les enregistrements.

L’un de ces plus beaux chants de Noëls, Soberana Maria  est attribué au compositeur Mateo Romero (1575-1647)

Le moine catalan, Joan Cererols (1618-1676) est l’auteur de sobres villancicos tel Serafín que con Dulce Harmonía

Mais la musique espagnole a aussi franchi l’Atlantique. Et dans les Amériques « espagnoles », elle prend des accents bien entraînants.

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A découvrir cette expressive  « Danse pour la Nativité » Vaia de Gira de Juan de Araujo (1648-1712) composée au Pérou avec l’ensemble Elyma dirigé par Gabriel Garrido.

 

Autre découverte à faire dans ce registre si particulier : Hoy nace una clara estrella, un villancico anonyme (XVIIe) des archives musicales de Bogota sur un texte du grand poète Lope de Vega

Angleterre

Les chants de Noël anglais, les célèbres « Carols » plongent leurs racines dans le moyen-âge. Si la tradition perdure pendant le XVIe siècle, on ne les retrouve guère dans la production musicale des XVIIe et XVIII e siècles anglais. Certainement en raison du rigorisme religieux imposé depuis les années Cromwell.

L’oeuvre incontournable, c’est le Messie de Haendel. Créé, il faut le rappeler à Dublin, dans l’Irlande… catholique !

La Nativité, bien évidemment, ouvre le livret très biblique et très profondément théologique de Jennens. La joie expressive du « Rejoice » célèbre la naissance du Christ dans une lumineuse annonce encadrée par des moments d’une grande douceur : l’annonce faite aux bergers introduite par l’air empreint de tendresse « For unto us a child is born… Un enfant nous est né… » et l’annonce des merveilles à venir « He shall feed His flock lick a sheperd…  Comme un berger il paîtra son troupeau…)

Avec Emmanuelle Haïm et le Concert d’Astrée, on découvrira une vision débordante de vitalité et de tendresse dans ces instants de la Nativité.

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Deux CD Erato Réf. 0825646240555.

 

Un extrait :

Quelques autres œuvres s’imposent dans ce concert de Noël. Notamment une cantate de Henry Purcell (1659-1695) -il était marié à une catholique, ce qui peut expliquer cette « exception » - : « Behold, i bring you glad tidings » Voici je vous apporte une bonne nouvelle ;

Au tout début du XVIIe Siècle, Orlando Gibbons(1583-1625) avait une Anthem sur le même texte dans un style beaucoup moins festif.

François CAMPER

 

 

 

 

 

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