18 décembre 2019 Escale Colombienne

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Cette article est la transcription de l'atelier musicale présenté à la Médiathèque du Grand Narbonne le 18 Décembre 2019. Chaque atelier présente un thème autour de la musique et/ou du café. Il est ponctué par des écoutes musicale et d'une dégustation d'un café lié directement ou indirectement au thème.

La Colombie se situe au Nord du continent sud-américain, partagée entre l’Océan Pacifique à l’ouest et les Caraïbes au nord-est. C’est par cette frange littorale, que sont arrivés les premiers colons et par la suite les esclaves africains en particulier par la ville de Cartagène.

A l’instar du bassin caribéen, la musique colombienne est sous influence africaine. Les nombreux échanges avec le continent offrent une culture métissée, fruit du brassage des population indo-américaines, africaines et européennes.

D’après l’académie des arts d’Islande, le pays a 1025 rythme folklorique groupés en 157 genres, lesquels sont divisés en cinq régions du territoire colombien : La  région Atlantique, la région Pacifique, la région Andine, les franges orientales et amazoniennes

EL BAMBUCO, LA CUMBIA, EL BULLERENGUE, EL MAPALÉ, EL MERENGUE, EL PASEO, EL PORRO, LA PUYA, LA ZAFRA, EL SON, EL VALLENATO font partis de ces nombreux genres.

Deux genres résultent de ce métissage dans l’histoire de la Colombie. Deux musiques créoles qui inspirent à nos oreilles d’européens l’exotisme, les tropiques, souvent une image fantasmée de la réalité économique et géopolitique du pays.

Au cours des années 60-70, il y aura une forte production musicale avec une diffusion des musiques enregistrée en Colombie très grande. On retrouve en particulier l’histoire des studio de Discos Fuentes qui sont mis à l’honneur aujourd’hui par des productions originales (Ondatropica), ou des compilations/repressage (Soundways Records, Vampisoul, Palenque Records).

LA CUMBIA

La Cumbia est le genre le plus emblématique de la Colombie et se répand sur l’ensemble du continent sud-américain. L’origine et la signification de la cumbia est flou mais elle était assurément une danse pratiquée par les esclaves malgré leurs chaînes. Elle est officialisée au niveau étatique au milieu de XIXème siècle et a connu un essor plus commercial à partir de la seconde moitié du XXème.

Ce qui caractérise la Cumbia c’est l’utilisation d’une orchestration à la base simple. Des Percussions (Tambor Llamador et Alegre, Tambor, Maracas, Guacho) et des instruments solistes le plus souvent à vent (Flutes de roseau, Gaïtas, Ocarina). Aussi viennent s’ajouter des instruments à cordes héritage de la guitare baroque espagnole, mais aussi l’accordéon diatonique et des cuivres (trompettes…), sans oublier l’intervention d’un soliste et d’un chœur qui accompagne le chant de ce dernier.

Les cumbias utilisent les instruments d'origine indigène comme les maracas, les bongos, les ocarinas, les flûtes de roseau ou les gaïtas.

Toto La Momposina est né en 1940 sur les rives du fleuve Magdalena, fleuve porte d’entrée des colons vers les terres depuis Cartagène. Elle commence sa carrière à la fin des années 60 inspirées par les chants de travail des femmes colombiennes. Elle a une carrière internationale.

Nous allons écouter une cumbia de Toto La Momposina qu’elle a elle même composée et dédiée aux pêcheurs.  Il s’agit d’un enregistrement de 1991 dans les studios Real World. Ici on entend une formation basique composé de maracas, de deux congas colombienne qu’on appelle distinctement le llamador et l’alegre. Le premier pose la base rythmique le second permet d’apporter de nombreuses variations tant au niveau rythmique qu’au niveau du timbre. Enfin le tambora permet de jouer un son aigu et sec comme des clave sur le corps en bois et deux sons graves sur les faces latérales du tambour.v

Toto La Momposina – El Pescador – Compilation LP La Verdolaga

LA CHAMPETA CRIOLLA

La Champeta criolla est un genre beaucoup plus récent. On le doit à un âge d’or de la musique africaine occidentale qui a accompagnée, en particulier les indépendances. Cette période à vue l’émergence du High Life au Ghana, de l’AfroBeat au Nigeria, du Soukouss et Kompas, sous influence du bassin caribéen. Ces musiques ont bénéficiée d’une production et distribution physique de la musique importante.

A l’instar de la Jamaïque, la Colombie a vu pousser des Picos, version locale des soundsystem, et va diffuser des musiques antillaise, mais aussi africaines dans les quartiers populaires de Cartagène et Baranquillo. Les colombiens vont digérer, et produire un nouveau métissage ancré dans leur temps : la champeta criolla.

La Champetta Criolla vient en distinction de la Champeta Africana, autrement appelé Soukous et qui est une variante africaine (très largement diffusée) de la rumba cubaine.

Les révoltes d’esclaves noirs étaient courantes dès le 16° siècle, fuyant leur sort pour vivre librement. Ils s’établissent dans des lieux appelés palenque. Le premier palenque est fondé en 1605 par Benkos Bioho, nommé Palenque de la Matuna. Le palenque le plus emblématique se nomme San Basilio de Palenque et est fondé en 1608.

Ecoute de Palenque Abelardo Carbonó y su Conjunto. CHAMPETA SOUNDS 1975 1991

CRUNCH COLOMBIEN

Pour clôturer cette écoute, je voulais vous faire écouter un projet récent franco-colombien porté par un musicologue, percussionniste colombien résident à Lyon, Jaime Salazaar. Il s’agit de Pixvae qui fusionne le traditionnel colombien (instruments, thèmes) à un rock/jazz définit par une lutherie électronique basique (synthétiseur analogique, guitare électrique, saxophone baryton) le tout passé dans un mixeur crunch effet de saturation.

Écoute de El Curruco, Pixvae sur l'album éponyme, chez Bongo Joe

 

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